La première pierre du Famenne & Art Museum


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Ne dites plus Musée de la Famenne, mais Famenne & Art Museum (FAM). Le musée va subir une véritable cure de jouvence, ces prochains mois, grâce à l’investissement financier de la Ville et du Commissariat général au tourisme. Une première pierre symbolique a été posée, pour marquer cet événement. Les travaux portent notamment sur l’aménagement de la Maison Jadot, qui accueillera l’extension du musée. Les travaux seront achevés en septembre-octobre 2018.

Le FAM? Trois lettres pour une institution comprenant trois espaces distincts : l’accueil et sa boutique, le musée de la Famenne et l’espace d’exposition temporaire organisé autour de l’œuvre de Remy Van den Abeele. Le tout sur un espace doublé qui se veut plus accessible, confortable et surprenant tout en préservant sa dimension conviviale. Méritant quelques aménagements, l’espace d’accueil va être entièrement renouvelé pour mieux recevoir les visiteurs. Le volume sera plus efficacement conçu afin de faciliter la circulation et un vestiaire sera créé. Outre sa forme et son design, il comprendra un lieu de vente de produits représentatifs du territoire. L’architecte d’intérieur a eu pour consigne d’ouvrir l’espace en veillant à ce qu’il soit surprenant et reste modulable.

L’aile XVIIIe siècle de la Maison Jadot, abritant l’actuel musée de la Famenne (officiellement inauguré en 1990) a subi un lifting important ces dernières années. Depuis 2013, trois quarts des salles ont été remaniées et 56 objets de plus y sont présentés (sans compter la collection de photographies de Léon Peret). Ce mouvement de régénération se prolongera encore en 2018. Les premières salles du parcours permanent vont être revues tout en préservant toujours l’âme chaleureuse de cette demeure historique classée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Après transformation, la visite débutera avec les collections pré- et protohistoriques ainsi que de l’Antiquité. 10.000 ans de plus seront ainsi évoqués pour mieux présenter chronologiquement l’histoire de l’Homme en Famenne. Le corps de logis XVIIe siècle et son annexe du XIXe seront, quant à eux, convertis de bureaux en espaces d’expositions temporaires et salles Remy Van den Abeele au décor fluctuant. Le rez-de-chaussée va être conçu selon l’esprit d’une grande modularité afin de pouvoir accueillir dans les meilleures conditions les expositions brèves traitant autant de la Famenne que de l’art moderne et contemporain.

Les éléments d’ornements tels que les cheminées et les moulures seront conservés. Le premier étage préservera sa disposition spatiale et les différentes pièces seront aménagées comme le ferait un/e collectionneur/se féru/e du travail de Remy Van den Abeele. Le visiteur se promènera comme dans un appartement privé en découvrant intuitivement la grande variété des créations du plasticien, les thématiques essentielles et secondaires de son œuvre et des objets personnels dont la disposition sera régulièrement alternée.

Bibliothèque, salon, cabinet de curiosité et bureau seront autant d’espaces conviviaux où se blottir dans un canapé pour contempler ses travaux ou s’attabler pour consulter les ouvrages traitant d’art.

Le travail de Remy Van den Abeele comme fil conducteur :

Remy Van den Abeele aurait eu cent ans en 2018 ! Comment mieux fêter ce centenaire qu’en consacrant un espace où découvrir, apprécier, jouir des créations fascinantes de cet artiste ? Un peu moins de dix ans après le succès de l’exposition rétrospective à la vieille Cense de Marloie, la Ville de Marche-en-Famenne s’apprête, à nouveau, à partager avec le plus grand nombre le remarquable ensemble de travaux qu’elle a constitué depuis. Forte de très nombreuses pièces, cette collection offre un panorama exemplaire du parcours de Remy Van den Abeele. A l’image de sa production, la Maison Jadot s’apprête à devenir un tremplin vers son monde imaginaire mais également vers les créations de biens d’autres artistes des XXe et XXIe siècles.

Qui est Remy Van den Abeele ?

Issu d’un milieu très modeste, Remy Van den Abeele a vécu longtemps à l’écart des arts et du monde intellectuel. Par son extrême volonté et un don inné pour le dessin, il parvient à s’extraire de ce à quoi l’assignent son entourage, sa condition matérielle et professionnelle. C’est donc assez tardivement qu’il s’ouvre à l’art en s’inscrivant à l’Académie des Beaux-Arts de Mons où il suit notamment les cours de Louis Buisseret. A cette étape décisive, succèdent une distinction au prix de la Jeune Peinture belge, des rencontres avec des acteurs majeurs de l’intelligentsia hennuyère, en ce compris avec René Magritte avec qui il échange au sujet de techniques picturales. Son talent et son style l’amènent à être repéré par Isy Brachot, galeriste du même Magritte, qui l’expose et le promeut. Cette collaboration s’interrompt à la fin des années 1970. Remy Van den Abeele poursuit son parcours en toute indépendance. Ses créations séduisent alors un public de collectionneurs et de particuliers. Le doute et l’intérêt soutenu des évolutions de la scène artistique mondiale le mènent à délaisser la peinture pour d’autres techniques, à les combiner, à revenir à ses premiers amours pour à nouveau tenter de nouvelles expériences. Ses œuvres entrent dans les musées.