Parc des Pères franciscains : avis défavorable du Collège communal


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Le 18 septembre 2019 s’est clôturée l’enquête publique relative à la demande de permis d’urbanisation déposée par la Société wallonne du Logement (SWL) pour la création d’un quartier de 230 logements à St-François (Parc des Pères franciscains).

Au terme de cette enquête publique, 30 réclamations, remarques ou observations ont été adressées à l’Administration communale.

Pour ce type de dossier, la procédure prévoit qu’en raison de la personnalité publique de la SWL, c’est le fonctionnaire délégué de l’Urbanisme pour la province de Luxembourg qui est compétent pour délivrer ou refuser le permis d’urbanisation.

Le Collège communal :

  • n’est pas l’autorité compétente pour décider du projet d’urbanisation, mais il est tenu de remettre un avis au fonctionnaire délégué ;
  • doit soumettre au Conseil communal toute décision sur le principe de créer des voiries publiques.

Réuni ce lundi 14 octobre, le Collège communal estime qu’à ce stade de la procédure, la demande déposée par la SWL est incomplète, notamment sur la création des voiries publiques.

Le Collège communal a donc décidé :

  • de ne pas soumettre le point sur les voiries à la décision du Conseil communal ;
  • de remettre au fonctionnaire délégué un avis défavorable sur l’aspect urbanistique du dossier.   

Pour comprendre la position et la philosophie du Collège communal, il est essentiel de replacer le projet dans son contexte.

Pourquoi un tel projet ? Les habitants actuels, comme ceux qui souhaitent venir habiter à Marche-en-Famenne, sont confrontés à une réelle difficulté budgétaire pour acquérir un logement au centre de la ville.

Le Collège réagit à son niveau. Il a voulu que cette zone du Parc des Pères franciscains réponde à cet objectif « de besoin social », primordial pour nos habitants actuels et futurs qui trouvent plus facilement du logement acquisitif moyen dans les communes périphériques.

Créer de nouveaux logements à proximité du lieu de travail, des services publics et privés, des infrastructures culturelles et sportives, de l’Horeca, des commerces et des espaces verts  tout en respectant un usage parcimonieux du sol et en favorisant l’accessibilité aux modes doux de déplacement, s’impose à nous comme une nécessité tant sur le plan social qu’environnemental !

En 2015, le Conseil communal a pris l’option de vendre les terrains constructibles que la Ville possédait dans l’ancien Parc des Pères franciscains. L’objectif a été et reste de privilégier les habitants actuels et futurs qui disposent de revenus faibles ou moyens, tout en respectant la volonté de la Région wallonne de densifier l’habitat dans les centres-villes ou villages.

Voilà pourquoi le Conseil communal a choisi de céder ces terrains à la Société wallonne du Logement, en raison de son caractère public et donc non lucratif, qui la rend capable de mettre en œuvre des logements acquisitifs pour des revenus moyens, et, donc à un prix abordable.

Selon la presse, les futurs acquéreurs se tournent majoritairement vers l’acquisition d’appartements plutôt que de maisons unifamiliales. Là aussi, il s’agit de la volonté de respecter le désir de ceux qui seront acquéreurs pour la première fois d’un appartement. Nous avons cependant bien conscience que les candidats constructeurs d’une maison individuelle sont encore très nombreux : c’est pourquoi nous avons acheté les terrains de Waha pour que la Commune puisse offrir des emplacements à bâtir (maison unifamiliales) aux primo-constructeurs, également à un prix abordable.

Nous pensons de cette manière pouvoir rencontrer toute la demande des primo-constructeurs ou acquéreurs d’un logement neuf.

Et les appartements aux Pères franciscains pourront bénéficier d’un parc que nous voulons garder public et de grande qualité. N’en déplaise à quelques-uns, ce parc est très peu fréquenté. Nous pensons que des constructions jouxtant les limites du parc sont de nature à exercer un contrôle réel et efficace non seulement sur le maintien, mais la qualité même du parc.

Le principe de vendre la partie actuellement non bâtie du site des Pères franciscains à la SWL a été voté par le Conseil communal le 5 octobre 2015, par 18 voix Pour et 3 Abstentions. Pour rappel, la délibération est explicite à ce sujet : « (…) en vue d’y développer un projet d’Eco-quartier de logements acquisitifs à destination de revenus moyens ».

Au Conseil communal du 14 décembre 2015, le projet d’acte de vente à la SWL a été approuvé, par 16 voix Pour et 3 Abstentions.

La Ville n’est donc plus propriétaire du site.

Bien que les terrains se situent en zone urbanisable, faut-il pour autant les bâtir entièrement ? Certes, non ! Les qualités actuelles de ce site sont réelles et méritent d’être mises en valeur autrement qu’en y construisant à l’excès. C’est précisément ce que l’enquête publique vient de rappeler et c’est la position que le Collège communal entend soutenir.

Le Collège communal réaffirme que la création de logements à Saint-François est une opportunité à saisir non seulement en faveur d’un habitat de qualité, mais aussi du parc public dont nous rêvions, au profit de tous les habitants.

Pratiquement, nous voulons :

  • un nombre de logements absolument revu à la baisse et défini en fonction de la nécessité de conserver au parc ses qualités environnementales et paysagères, par des implantations dans la seule partie haute du terrain ; et par un aménagement dont le plan d’eau sera le point fort ;
  • le refus de toute circulation automobile au travers du parc, les accès automobiles (entrée et sortie) devant s’organiser via la seule N4 en lien avec le rond-point projeté à proximité par la direction des routes du Service public de Wallonie (SPW) ;
  • des liaisons piétonnes majeures depuis le parc vers la chapelle Notre-Dame de Grâce, vers le parc de l’Hôtel de Ville et vers la place projetée à hauteur du Palais de justice, ce qui affirme un maillage cohérent de la mobilité douce au centre-ville.

Au vu de cette volonté réaffirmée et en rencontrant les conclusions de l’enquête publique, le Collège communal estime que la demande déposée par la SWL est à ce stade incomplète quant à l’aménagement des futures voiries publiques du parc et que le projet doit être revu au niveau de l’implantation des logements et de l’aménagement du parc.

Le Collège communal a donc décidé, ce lundi 14 octobre, de ne pas soumettre au Conseil communal le dossier relatif à la voirie et de rendre au fonctionnaire délégué un avis défavorable sur l’aspect urbanistique du dossier.       

Pour le Collège communal, le Bourgmestre André BOUCHAT